L’interruption d’un essai clinique consacré à la vaccination contre l’hépatite B en Guinée-Bissau engendre une controverse significative au sein de la communauté scientifique internationale. La décision, officialisée le jeudi 15 janvier, est le résultat d’une vague d’indignation suscitée par un protocole de recherche jugé non conforme aux principes éthiques fondamentaux. L’étude, financée par les États-Unis et conduite par une équipe de chercheurs danois, proposait de ne pas administrer une dose vaccinale cruciale à environ 7 000 nouveau-nés. Cette privation vaccinale les exposait à un risque accru de développer des complications graves telles que la cirrhose et le cancer du foie.
Dénonciation de pratiques anti-éthiques au sein du protocole de recherche
Yap Boum, figure éminente de l’Africa CDC, l’agence de santé publique de l’Union africaine, a exprimé de sérieuses réserves quant à la méthodologie employée dans le cadre de cette étude. Lors d’une conférence de presse, il a qualifié la conception de l’étude de « défi de taille », manifestant ainsi sa satisfaction quant à sa suspension. De nombreux chercheurs ont également fait part de leurs préoccupations concernant le manque d’éthique du protocole, soulignant les dangers potentiels auxquels les nourrissons seraient exposés en étant privés de cette protection essentielle contre l’hépatite B.
Impératif de santé publique : L’Hépatite B en Guinée-Bissau, un fardeau majeur
L’hépatite B représente un enjeu de santé publique majeur en Guinée-Bissau, avec une prévalence de 18 % chez les adultes et de 11,2 % chez les nourrissons. Les conséquences d’une infection contractée durant la première année de vie sont particulièrement alarmantes, avec un risque de 90 % de développer une cirrhose ou un cancer du foie. Face à cette situation préoccupante, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande l’administration d’une première dose de vaccin à la naissance afin de prévenir la transmission de la mère à l’enfant. Bien que le pays n’ait pas encore réussi à mettre en œuvre cette mesure de manière systématique, il s’est engagé à le faire d’ici 2027, témoignant ainsi de sa volonté de lutter contre cette maladie.
Négociations en cours pour un protocole de recherche conforme à l’éthique
L’arrêt de cet essai vaccinal a engendré des discussions approfondies entre les États-Unis et la Guinée-Bissau. L’objectif principal est de définir un nouveau protocole d’étude qui soit jugé plus acceptable sur le plan éthique et scientifique. L’enjeu est de trouver un équilibre délicat entre la nécessité de mener des recherches pour améliorer la santé des populations et le respect des principes fondamentaux de l’éthique médicale, garantissant ainsi la sécurité et le bien-être des participants.