La Côte d’Ivoire se mobilise avec détermination pour éradiquer le cancer du col de l’utérus (CCU). Le lancement de « Janvier Sarcelle », une campagne nationale d’envergure, témoigne de l’engagement du gouvernement à placer cette priorité de santé publique au cœur de ses préoccupations. L’objectif est clair : faire reculer significativement l’incidence de la maladie d’ici 2030.
« Janvier Sarcelle » : Un mois pour éveiller les consciences
Le coup d’envoi de « Janvier Sarcelle » a été donné le 21 janvier dernier à Treichville, marquant ainsi la première édition de ce mois dédié à l’intensification de la lutte contre le CCU. Cette initiative, soutenue par des partenaires nationaux et internationaux, ambitionne de sensibiliser massivement la population ivoirienne aux enjeux de la prévention, du dépistage et du traitement de cette maladie qui touche encore trop de femmes.
Une stratégie multidimensionnelle pour atteindre l’objectif 2030
L’ambition affichée par les autorités ivoiriennes est de réduire l’incidence du CCU à moins de 4 cas pour 100 000 femmes d’ici 2030, contre 26 actuellement. Pour atteindre cet objectif ambitieux, une stratégie globale et coordonnée a été mise en place, articulée autour de plusieurs axes prioritaires. La vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) occupe une place centrale dans cette stratégie, avec l’objectif de vacciner 90% des jeunes filles dès l’âge de 9 ans. Le dépistage précoce est également essentiel, avec un taux cible de 55% de femmes âgées de 30 à 49 ans dépistées au moins une fois. Enfin, une prise en charge efficace des lésions précancéreuses et des cancers invasifs, y compris les soins palliatifs, est primordiale pour améliorer les chances de guérison et la qualité de vie des patientes.
Un investissement massif pour un impact durable
Le gouvernement ivoirien, conscient des enjeux financiers de cette lutte, a prévu un budget conséquent de 28,92 milliards de FCFA pour la mise en œuvre de ce plan ambitieux. Cet investissement témoigne de la volonté politique d’éradiquer le CCU et de protéger la santé des femmes ivoiriennes. Au-delà des aspects financiers, la réussite de cette initiative repose sur la mobilisation de tous les acteurs de la société civile, des professionnels de la santé aux organisations non gouvernementales, en passant par les médias et les communautés locales. C’est une approche collective qui permettra de sensibiliser la population, de briser les tabous et d’encourager les femmes à se faire dépister et vacciner.
Le cancer du col de l’utérus demeure un problème de santé publique majeur en Côte d’Ivoire, avec des chiffres alarmants : en 2022, 2360 femmes ont été diagnostiquées positives et 1461 en sont décédées. Face à ce constat, « Janvier Sarcelle » se veut un symbole d’espoir et de mobilisation. Cette campagne nationale ambitionne de devenir un rendez-vous annuel incontournable, ancrant durablement la lutte contre le CCU dans la conscience collective ivoirienne.
Le CCU est un drame humain évitable
Le conseiller technique du ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Bernard Ehui, a souligné l’importance de ce mois dédié à la prévention, à la mobilisation et à l’espoir. Il a rappelé que le CCU est un drame humain évitable, une maladie dont on peut guérir si elle est détectée à temps. C’est pourquoi le ministère de la Santé, en collaboration avec ses partenaires tels que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Unitaid et la Coalition de la lutte contre les cancers (Colcc), déploie des efforts considérables pour sensibiliser, vacciner et dépister les populations à risque.
Le représentant de l’OMS, Ambroise Ané, a quant à lui rappelé que le CCU est le quatrième cancer le plus fréquent chez les femmes, touchant particulièrement les plus jeunes. Il a souligné l’importance de la prévention, notamment par la vaccination contre le HPV, un virus transmis lors des rapports sexuels et responsable de la majorité des cas de CCU. L’activité sexuelle précoce, les partenaires multiples, l’exposition aux infections sexuellement transmissibles, le tabagisme, l’utilisation chronique de corticostéroïdes et le VIH-Sida sont autant de facteurs de risque à prendre en compte.
En intensifiant la sensibilisation, la vaccination, le dépistage et la prise en charge des lésions précancéreuses, la Côte d’Ivoire se donne les moyens de vaincre le cancer du col de l’utérus. L’horizon 2030 se rapproche, et l’engagement de tous est essentiel pour faire de cet objectif une réalité.