Le Burkina Faso franchit une étape décisive vers la souveraineté numérique avec l’inauguration, par le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, de deux datacenters modulaires de dernière génération à Ouagadougou. Ces infrastructures marquent le coup d’envoi de l’initiative « zéro donnée à l’extérieur », témoignant d’une volonté politique forte de rapatrier et sécuriser l’information publique.
Un investissement stratégique pour la souveraineté nationale
Ce projet, ancré dans la stratégie nationale de transition digitale, vise à assurer une maîtrise totale des données de l’administration publique, actuellement hébergées à l’étranger. Le gouvernement burkinabè affiche une ambition claire : renforcer son indépendance numérique et protéger ses intérêts stratégiques.
Des capacités techniques à la hauteur des enjeux
Le dispositif technique, supervisé par le ministère de la Transition digitale, comprend une capacité de stockage de 3 000 Téraoctet (To). Par exemple, 1 To = à 1 000 Giga), une puissance de 28 800 cœurs central Processing Unit (CPU) et 105 600 Gigabits de mémoire vive, permettant l’hébergement de plus de 7 000 machines électroniques virtuelles.
Des économies substantielles à long terme
L’investissement de 15 milliards de FCFA dans ces infrastructures devrait générer des économies d’échelle considérables pour l’État burkinabè, estimées entre 85 et 95 milliards de FCFA sur les dix prochaines années. Cette initiative représente un acte de souveraineté majeur, selon les observateurs burkinabè. Le Premier ministre a insisté sur le fait qu’héberger des données à l’étranger constitue une renonciation à l’autodétermination. Il a donc ordonné que ces centres deviennent l’unique lieu d’hébergement des plateformes publiques, interdisant le stockage des données étatiques dans des structures privées ou étrangères, pour garantir la sécurité du pays.
Le gouvernement prévoit la construction d’un datacenter national de niveau international d’ici 2028, destiné à servir l’État, le secteur privé et les organisations non gouvernementales burkinabè.