En mettant un terme à l’utilisation du Franc CFA, le Mali, le Niger et le Burkina Faso s’engagent dans une voie résolue vers l’affirmation de leur souveraineté. Cette décision, qui marque une rupture avec l’héritage colonial, témoigne d’une volonté forte de ces pays de reprendre le contrôle de leur avenir économique et d’opter pour des solutions qui leur ressemblent.
Les raisons d’abandon du FCFA dans l’AES

Le décret signé à l’époque par le Général De Gaulle s’inscrit pleinement dans l’ère d’après la Seconde Guerre mondiale, marquée par l’établissement du système de Bretton Woods. À l’origine, le franc était connu sous le nom de « Franc des colonies françaises d’Afrique », ayant pour objectif de connecter les économies coloniales africaines au franc français, avec un taux de change fixé à 1 FCFA pour 1,70 franc Français, selon les données de la BCEAO.
La création du FCFA
La création du FCFA a été impulsée par la France à travers la ratification des accords de Bretton Woods, résultant en une déclaration officielle de la parité de sa monnaie face au FMI. Cet acte déterminant avait pour objectif d’établir un moyen de paiement fiable pour les territoires africains sous tutelle française, qui souffraient des conséquences de la Guerre. En 1958, l’acronyme a été repensé pour devenir « Communauté française d’Afrique », en prenant en compte les évolutions de l’empire colonial. Avec les indépendances, il a été renommé « Communauté financière d’Afrique”, permettant ainsi le développement d’une coopération financière, tant pour l’UEMOA (XOF) que pour la CEMAC (XAF).
L’indépendance financière
Les pays de l’AES se retrouvent dans une situation où l’usage continu du Fcfa équivaut à vivre sans la moindre souveraineté. Ils estiment qu’échapper à ce qu’ils voient comme une forme de servitude est crucial pour leur survie, car il est inconcevable d’être réellement souverain sur le plan politique sans jouir d’une autonomie économique. En outre, la pérennité de cette nouvelle monnaie doit reposer sur les réserves de ressources minières dont profitent ces nations, notamment l’or, l’uranium, le pétrole, ainsi que d’autres ressources encore méconnues.