Le Parlement burkinabè s’oriente vers l’approbation du budget d’État pour 2026, un exercice financier complexe qui reflète les ambitions du pays tout en naviguant dans un contexte sécuritaire et économique tendu. Le projet de loi de finances, actuellement soumis à l’examen des commissions, dévoile une stratégie axée sur le renforcement des secteurs fondamentaux, notamment l’éducation et la sécurité, tout en maîtrisant un déficit budgétaire persistant.
Le budget prévisionnel pour 2026 repose sur une mobilisation de ressources ambitieuse, atteignant 3 431 milliards de FCFA. Cette projection, portée par une croissance des recettes ordinaires et extraordinaires, témoigne d’une volonté de dynamiser l’économie nationale. L’État mise sur une progression de 3,99% par rapport à l’exercice précédent, un signal positif dans un environnement macroéconomique incertain. Cependant, les dépenses globales, estimées à 3 918,3 milliards de FCFA, creusent un écart significatif, générant un déficit de 486,8 milliards de FCFA. Bien que ce déficit affiche une légère diminution par rapport à 2025, il souligne la nécessité d’une gestion budgétaire rigoureuse et d’une optimisation des dépenses publiques.
Le gouvernement burkinabè a clairement défini ses priorités, plaçant l’éducation au cœur de sa stratégie de développement. Le secteur éducatif se voit attribuer la part du lion du budget, avec une enveloppe de 837,52 milliards de FCFA, représentant 29,43 % des ressources propres de l’État. Cette allocation substantielle, en hausse de 1,09 %, traduit l’engagement du gouvernement à investir dans le capital humain et à améliorer l’accès à une éducation de qualité pour tous les Burkinabè.
La sécurité et la défense, confrontées à des défis majeurs, constituent le deuxième pilier du budget 2026. Avec 707,89 milliards de FCFA, représentant 24,87 % des ressources propres, le secteur bénéficie d’un soutien financier conséquent. Bien qu’une légère baisse de 2,89 % soit constatée par rapport à 2025, cette allocation reste cruciale pour renforcer les capacités de l’armée et des forces de sécurité dans la lutte contre le terrorisme et l’insécurité.
La santé, troisième secteur prioritaire, se voit attribuer 361,77 milliards de FCFA, en augmentation de 0,92 %. Cet investissement vise à améliorer l’accès aux soins de santé, à renforcer les infrastructures médicales et à lutter contre les maladies endémiques. Le développement rural, quant à lui, bénéficie de 161,75 milliards de FCFA, soulignant l’importance accordée à l’agriculture et à la sécurité alimentaire.
L’adoption du budget 2026 représente un enjeu majeur pour le Burkina Faso. Ce document financier complexe reflète les priorités du gouvernement dans un contexte économique et sécuritaire difficile. L’accent mis sur l’éducation, la sécurité, la santé et le développement rural témoigne d’une volonté de bâtir un avenir meilleur pour les Burkinabè.
La gestion rigoureuse des finances publiques, l’optimisation des dépenses et la recherche de nouvelles sources de revenus seront essentielles pour atteindre les objectifs fixés et assurer la stabilité du pays. L’année 2026 s’annonce donc comme une année charnière, où la capacité du Burkina Faso à surmonter ses défis et à concrétiser ses ambitions sera mise à l’épreuve.