L’écosystème éducatif tchadien est secoué par l’incarcération de Djimoudouel Faustin, figure de proue du Syndicat Indépendant des Enseignants du Tchad (SIET). Son placement sous mandat de dépôt et son transfert vers la prison de Klessoum, située à proximité de N’Djaména, ont suscité une vive émotion au sein de la communauté enseignante et de la société civile.
L’arrestation de Djimoudouel Faustin intervient dans un contexte de revendications sociales exacerbées, suite à l’appel à la grève lancé par le SIET. L’organisation syndicale exige l’application intégrale du décret n° 2850, relatif au statut particulier des enseignants tchadiens, un texte censé améliorer les conditions de travail et la reconnaissance professionnelle des acteurs de l’éducation.
Réactions et accusations croisées
Les circonstances entourant l’arrestation de Djimoudouel Faustin demeurent sujettes à controverse. Selon des sources proches du dossier, le leader syndical aurait été convoqué par la police judiciaire avant d’être placé en garde à vue. Des allégations de mauvais traitements et de torture infligés par les services de sécurité ont également émergé, relayées par certains médias locaux. Ces informations, si elles étaient avérées, constitueraient une violation des droits fondamentaux et susciteraient de vives inquiétudes quant au respect de l’état de droit.
Djimoudouel Faustin derrière les barreaux
Les autorités judiciaires justifient l’incarcération de Djimoudouel Faustin par des accusations d’incitation à la révolte et à la rébellion. Des chefs d’accusation que le leader syndical conteste fermement, arguant que son action s’inscrit dans le cadre légal de la défense des intérêts des enseignants et de la revendication de leurs droits.
La grève initiée le 5 janvier dernier par le SIET, syndicat reconnu par les instances officielles, témoigne du malaise profond qui traverse le secteur de l’éducation au Tchad. Des enseignants contactés à N’Djaména expriment leur désarroi face à l’absence de dialogue constructif avec le gouvernement et dénoncent une répression croissante des mouvements sociaux. Un média local évoque une volonté délibérée d’étouffer toute contestation dans le pays, au détriment des libertés fondamentales et du progrès social.