Le silence s’est abattu sur un des acteurs clés du 28 septembre 2009. Claude Pivi, condamné à la perpétuité pour crimes contre l’humanité, a rendu son dernier souffle le 6 janvier à Conakry. L’ancien ministre de la sécurité présidentielle, figure controversée du régime Dadis Camara, succombe à des complications liées à son diabète et son hypertension, laissant derrière lui un héritage empoisonné et une justice inachevée.
Les de victimes sous le choc
L’annonce de sa mort a ranimé les braises d’un passé traumatique. Pivi, symbole de la violence et de l’impunité, avait été jugé et reconnu coupable pour son rôle dans le massacre du stade du 28 septembre. Sa condamnation, intervenue après des années d’attente, avait été perçue comme une victoire, une fragile promesse de justice pour les victimes. L’évasion spectaculaire de Pivi, suivie de sa recapture, avait mis le pays en émoi. Son incarcération à Coyah avait été interprétée comme un signal fort de la part des autorités. Pourtant, la maladie a fini par terrasser l’homme. Son état de santé s’est dégradé malgré un suivi médical constant, nécessitant une hospitalisation d’urgence.
Sa disparition prématurée laisse un goût amer. La justice, bien que tardive, avait été rendue, mais l’absence de Pivi à un éventuel procès en appel laisse un goût amer. Le Parquet Général, soucieux de transparence, a ordonné une autopsie pour éclaircir les circonstances du décès, dont les résultats seront communiqués ultérieurement. La mort de Pivi ne met pas fin au deuil national. Elle ravive la douleur des familles des victimes et soulève des questions cruciales quant à la recherche de vérité et de réconciliation.
La fin d’un chapitre
Le 28 septembre 2009 reste une blessure béante dans l’histoire de la Guinée. Plus qu’un simple fait divers, il symbolise la nécessité d’une justice impartiale et d’une mémoire collective apaisée. Le décès de Claude Pivi marque la fin d’un chapitre, mais la quête de vérité et de justice pour les victimes du massacre du stade reste un impératif. La Guinée doit faire face à son passé pour construire un avenir plus juste et plus serein. La mort de Pivi ne saurait occulter la responsabilité collective de garantir que de tels événements ne se reproduisent jamais.
Alors que le pays se prépare aux funérailles, les regards se tournent vers l’avenir. La Guinée, forte de sa résilience, doit poursuivre son chemin vers la réconciliation et la consolidation de l’État de droit. La mort de Claude Pivi est un rappel poignant de la nécessité de ne jamais oublier les leçons du passé.