Le général Mamadi Doumbouya est désormais officiellement à la tête de la Guinée. Son investiture, samedi dernier, en présence de nombreux chefs d’État africains, a marqué une étape cruciale dans la transition post-coup d’État. Au-delà du faste de la cérémonie, le nouveau président doit transformer les espoirs placés en lui en actions concrètes, dans un contexte socio-économique complexe. La tâche s’annonce immense.
Validation électorale : un socle fragile pour l’avenir
La validation par la Cour suprême des résultats de l’élection présidentielle du 28 décembre, qui ont largement donné vainqueur Doumbouya, lui confère une légitimité démocratique indéniable. Ce plébiscite, avec plus de 86% des voix, doit cependant se traduire par une adhésion populaire sincère et durable. Le défi est de taille, tant les attentes sont fortes et les frustrations palpables.
Gouvernance vertueuse : un impératif pour la crédibilité
L’appel solennel du président de la Cour suprême à la vérité, à la justice et à l’intégrité résonne comme un avertissement. Doumbouya est attendu au tournant sur la question de la gouvernance. Rompre avec les pratiques opaques et prédatrices du passé est une condition sine qua non pour restaurer la confiance des citoyens et attirer les investissements étrangers. L’exemplarité doit être la boussole de son action.
Simandou 2040 : le pari risqué du développement minier
Le projet “Simandou 2040”, véritable colonne vertébrale du programme présidentiel, ambitionne de transformer les ressources minières de la Guinée en moteur de développement. Investissements massifs dans l’éducation, la formation et la création d’emplois sont promis. Mais le diable se cache dans les détails. La transparence dans la gestion des revenus miniers et la lutte contre la corruption seront déterminantes pour la réussite de ce projet pharaonique. Gare aux mirages de la richesse facile.
Unité et solidarité : les fondations d’une Guinée nouvelle ?
Le discours de Doumbouya, axé sur l’unité nationale et la solidarité africaine, est porteur d’espoir. Mais les mots doivent se traduire en actes. Construire une Guinée plus juste, plus prospère et plus respectueuse des droits de tous exige un dialogue inclusif, une justice équitable et une volonté politique sans faille. L’avenir du pays se joue maintenant.