Face à une crise persistante, la Côte d’Ivoire opère une refonte stratégique de son calendrier cacaoyer, signalant une volonté de dynamiser une filière vitale pour son économie. Le Conseil du Café-Cacao (CCC) a officiellement annoncé, le 27 février 2026, des modifications substantielles visant à optimiser l’écoulement des stocks et à relancer les activités d’achat. Cette initiative audacieuse témoigne d’une prise de conscience des défis rencontrés par les producteurs et d’une détermination à restaurer la compétitivité de la filière ivoirienne sur le marché mondial.
Campagne principale anticipée d’un mois
La modification la plus notable concerne l’avancement d’un mois des deux principales campagnes cacaoyères. La grande campagne, traditionnellement déployée d’octobre à mars, débutera désormais dès le 1er septembre pour se conclure le 28 février. Cette anticipation stratégique vise à fluidifier les transactions et à réduire la période d’accumulation des stocks. L’objectif principal est de permettre aux multinationales et aux exportateurs locaux de reprendre leurs achats de fèves de cacao dans des conditions plus favorables, après une période de ralentissement significative.
Campagne intermédiaire : nouveau départ
Parallèlement, la campagne intermédiaire, initialement programmée d’avril à septembre, se déroulera désormais du 1er mars au 31 août. Ce réajustement synchronisé s’inscrit dans une logique d’optimisation globale du cycle de production et de commercialisation. En avançant la campagne intermédiaire, le CCC espère accélérer l’écoulement des fèves et soulager les producteurs confrontés à des difficultés d’accès aux débouchés. Cette mesure vise également à relancer l’ensemble de l’appareil productif et industriel, contribuant ainsi à une reprise durable de la filière.
Implications économiques et sociales majeures
L’impact de ces modifications sur l’économie ivoirienne est potentiellement considérable. La filière cacao représente une source de revenus essentielle pour environ 1,2 million de producteurs et fait vivre près de huit millions de personnes, selon les données de l’Agence ivoirienne de presse. En facilitant l’écoulement des stocks et en stimulant les achats, le nouveau calendrier cacaoyer pourrait contribuer à stabiliser les revenus des producteurs et à préserver les emplois dans l’ensemble de la chaîne de valeur.
Un avenir plus prometteur ?
L’initiative du CCC représente un effort louable pour adresser les défis structurels auxquels est confrontée la filière cacao ivoirienne. Il est raisonnable d’anticiper que les planteurs puissent désormais écouler leur production en quelques semaines, là où ils étaient confrontés à « l’absence de débouchés ».