Dans un message de Noël diffusé le 12 décembre 2025, la conférence des évêques du Tchad appelle le président de la République, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, ainsi que les autorités nationales, à libérer tous les prisonniers politiques tchadiens afin de favoriser une véritable réconciliation nationale.
Le message annuel des Evêques du Tchad
Chaque année, les évêques s’adressent au peuple tchadien, aux dirigeants, aux instances religieuses, aux acteurs politiques, à la société civile, à la communauté internationale, aux fidèles chrétiens, aux jeunes, ainsi qu’aux autorités traditionnelles et religieuses, y compris le président. Ils affirment que le peuple tchadien fait partie de ceux que Dieu souhaite réconcilier à Noël, en les libérant de la peur, des divisions, de la haine et des inégalités qui compromettent la cohésion sociale. Cette année, les prélats placent Noël sous le signe de la réconciliation, avec le thème : œuvrer pour une authentique réconciliation.

Le pardon une condition pour la paix au Tchad
Les évêques estiment que la réconciliation est un processus difficile et prolongé. Ils soulignent l’importance de la solidarité et du pardon mutuel, recommandant de se soutenir et de se pardonner les reproches, en cultivant l’amour comme lien essentiel. Cependant, ils identifient six obstacles majeurs à cette réconciliation, tels que le jugement d’autrui, des paroles malveillantes, et des comportements violents. Ils encouragent le peuple tchadien à intégrer le pardon dans leur quotidien et à travailler ensemble pour réaliser cette réconciliation, malgré un climat de méfiance et des divisions persistantes.

Sur le plan politique
D’un point de vue politique, certaines autorités cherchent à sauvegarder leurs prérogatives, maintenant ainsi la domination d’une élite restreinte. Elles encouragent la population tchadienne à coopérer avec les dirigeants afin de forger un avenir prometteur. Les évêques font remarquer que le manque de coopération entre les chefs religieux nuit à l’harmonie et à la réconciliation, invitant par ailleurs la communauté internationale à intervenir de manière impartiale dans les négociations pour la paix. Ils demandent également au président d’accorder une amnistie aux prisonniers, un geste considéré comme essentiel pour réduire les tensions présentes.