Le 28 décembre 2025, la République centrafricaine a été le théâtre d’un triple scrutin comprenant l’élection présidentielle, ainsi que des consultations municipales et régionales visant à renouveler les administrations locales. L’ensemble du corps électoral a été mobilisé afin d’exercer son droit de vote et de contribuer à la détermination de la trajectoire politique du pays.
Le Président sortant, Faustin-Archange Touadera, candidat sous l’égide du mouvement Cœurs Unis, a brigué un troisième mandat consécutif, s’appuyant sur une révision constitutionnelle adoptée en 2023 autorisant un nombre illimité de mandats présidentiels. La campagne électorale du candidat Touadera a culminé lors d’un rassemblement tenu le 26 décembre, qui a attiré une affluence notable, bien que des informations convergentes suggèrent que la participation ait été encouragée par l’offre de gratifications financières et matérielles, incluant des distributions de numéraire, d’articles vestimentaires à l’effigie du candidat, de denrées alimentaires et de boissons alcoolisées de production locale.
Outre le scrutin présidentiel, les électeurs étaient appelés à se prononcer sur la composition des conseils municipaux et régionaux. Sept candidats au total se sont présentés à l’élection présidentielle, incluant des figures marquantes de l’opposition tels qu’Anicet-Georges Dologuélé et Henri-Marie Dondra.
Les autorités gouvernementales, à l’instar de Pascal Bida Koyagbele, Ministre des Grands Travaux, ont exprimé un optimisme prudent quant au déroulement pacifique des opérations électorales, y voyant une occasion de consolider la stabilisation sécuritaire du pays. Ce sentiment est partagé, avec certaines réserves, par des observateurs internationaux.
Cependant, la situation sécuritaire demeure précaire dans certaines zones du territoire, où la présence étatique est principalement concentrée dans les centres urbains et se manifeste essentiellement par le déploiement des forces armées. La MINUSCA poursuit ses efforts pour renforcer la présence institutionnelle de l’État, mais ses actions se heurtent à des contraintes budgétaires significatives.
L’intégration de certains chefs rebelles au sein des structures gouvernementales, notamment par l’attribution de portefeuilles ministériels, n’a pas permis de désamorcer complètement les tensions sur le terrain. Le manque de perspectives économiques dans les régions marginalisées continue d’alimenter le recrutement au sein des groupes armés, comme le souligne Alexandra Lamarche, chercheuse à l’Université de Montréal.
La publication des résultats provisoires de l’élection présidentielle est prévue pour le 5 janvier 2026.