Décès Suspect et Silence Assourdissant au Sein de la Sécurité Tchadienne. Le décès du capitaine Mbairessem Emmanuel, survenu dans l’enceinte même de la Direction Générale des Services de Sécurité et des Institutions de l’État (DGSSIE), a plongé le Tchad dans un climat de suspicion et d’indignation. Si la version officielle évoque un suicide, les circonstances troubles entourant cette mort, couplée au silence persistant des autorités, suscitent de vives interrogations quant à la réalité des faits. Le mutisme du directeur de la DGSSIE, Tahir Erda Taïro, face à ce drame n’a fait qu’amplifier le sentiment de malaise et nourrir les spéculations les plus sombres sur les pratiques au sein des services secrets tchadiens. L’absence de détails précis concernant l’enquête en cours et les conclusions préliminaires ne fait qu’exacerber la méfiance de l’opinion publique.
Un message posthume énigmatique et des accusations de Torture
Quelques heures avant sa disparition, le capitaine Mbairessem publiait sur les réseaux sociaux un message laconique mais troublant : « Mes chefs m’ont collé l’étiquette des Transformateurs ». Cette déclaration énigmatique, interprétée par certains comme un appel à l’aide désespéré, suggère l’existence de tensions internes au sein des forces de sécurité et laisse supposer que l’officier aurait pu être victime de pressions ou de représailles en raison de ses opinions politiques ou de ses sympathies supposées envers l’opposition. Parallèlement, des sources anonymes au sein de la DGSSIE ont fait état de traitements inhumains et dégradants infligés au capitaine Mbairessem avant sa mort, évoquant des actes de torture, des humiliations et des pressions psychologiques. Ces allégations, si elles étaient avérées, constitueraient de graves violations des droits de l’homme et des lois tchadiennes. L’absence d’une réaction officielle ferme face à ces accusations alimente les soupçons d’une volonté délibérée d’étouffer la vérité.
Face à cette situation alarmante, il est impératif que les autorités tchadiennes mettent tout en œuvre pour garantir une enquête transparente, impartiale et indépendante afin d’établir les faits avec certitude, de faire la lumière sur les circonstances exactes de la mort du capitaine Mbairessem Emmanuel et de traduire en justice les responsables de ces actes odieux. La crédibilité de l’État de droit au Tchad est en jeu. Seule une action résolue et déterminée permettra de dissiper les zones d’ombre, de restaurer la confiance des citoyens envers les institutions et de garantir le respect des droits fondamentaux de chaque individu. La communauté internationale, et les autorités tchadiennes doivent s’unir pour une paix durable.