Les lauréat·e·s des écoles publiques de santé du Tchad manifestent leur désaccord face à l’obligation d’un concours d’intégration à la Fonction publique, une décision gouvernementale récente qui suscite la controverse.
Revendications des Professionnel·le·s de Santé : Une Injustice ?
Cette contestation a émergé suite à une assemblée générale de la Coordination des plateformes des lauréat·e·s de l’École nationale des agents sanitaires et sociaux (ENASS) de N’Djaména et des écoles provinciales. Cette coordination, rassemblant les diplômé·e·s des établissements de N’Djaména, Abéché, Biltine, Moundou et Sarh, dénonce une mesure qu’elle considère comme allant à l’encontre des textes en vigueur. L’objectif affiché est d’alerter l’opinion publique nationale et internationale sur ce qu’ils et elles perçoivent comme une remise en question de droits acquis légitimement.
Cadre Légal et Engagement de l’État : Des Promesses Non Tenues ?
Selon Togyanouba Aïgongar, coordonnateur général de la plateforme, l’obligation de ce concours contrevient à la Loi n°17 portant Statut général de la fonction publique. Il soutient que ce texte prévoit l’intégration automatique des lauréat·e·s issu·e·s des écoles publiques de formation professionnelle, sans nécessité d’épreuves supplémentaires. Ces professionnel·le·s de santé rappellent avoir été formé·e·s aux frais de l’État, dans le cadre d’un engagement clair envers une insertion directe dans l’administration publique. Cette nouvelle exigence est perçue comme une injustice, une rupture des engagements pris par les autorités envers les étudiant·e·s des écoles publiques de santé.
Enjeux et Perspectives : Quelle Avenir pour la Formation Sanitaire au Tchad ?
La plateforme craint que cette décision n’affaiblisse la crédibilité des formations publiques et ne génère un climat d’incertitude pour les futur·e·s apprenant·e·s. Cette situation pourrait saper la confiance dans le système national de formation sanitaire. Face à cela, les lauréat·e·s exigent le retrait immédiat de la mesure contestée, l’intégration automatique de toutes les promotions de 2012 à 2025 conformément à la Loi n°17, et l’ouverture d’un dialogue constructif avec les autorités compétentes. Les professionnel·le·s de la santé demandent aux autorités de reconsidérer leur position et de respecter leurs engagements envers les acteurs de la santé de demain.