Condamnation internationale contre l’opération américaine au Venezuela : Le Tchad et le Ghana s’élèvent contre une violation du droit international
N’Djaména et Accra ont emboîté le pas à Pretoria en exprimant leur profonde inquiétude face à l’intervention militaire américaine au Venezuela, marquée par l’enlèvement du président Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores. Le Tchad et le Ghana ont fermement réaffirmé leur attachement aux principes du droit international, soulignant les implications potentiellement déstabilisatrices de cette action pour l’ordre mondial. Ces réactions africaines mettent en lumière une division croissante sur la scène internationale concernant la politique étrangère américaine et ses conséquences sur la souveraineté des États.
L’échange entre N’Djaména et Caracas
Le ministère tchadien des Affaires étrangères a révélé un échange téléphonique entre le ministre d’État Abdoulaye Sabre Fadoul et son homologue vénézuélien Yvan Gil Pinto, suite aux bombardements rapportés à Caracas et à l’exfiltration du président Maduro. Exprimant de vives préoccupations, le ministre tchadien a insisté sur l’importance du respect du droit international pour maintenir un ordre mondial juste et pacifique, tout en soulignant la nécessité de préserver la paix, la stabilité et l’intégrité territoriale du Venezuela. Les deux ministres ont convenu de rester en contact étroit pour suivre l’évolution de la situation.
Le Ghana a adopté une position plus ferme, qualifiant l’opération américaine d’ « invasion unilatérale et non autorisée » dans un communiqué publié à Accra. Le gouvernement ghanéen a exprimé de fortes réserves face à l’usage unilatéral de la force, déplorant de tels actes comme une violation de la Charte des Nations Unies, du droit international, ainsi que de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique des États. Accra suit la situation au Venezuela avec une grande préoccupation, soulignant les implications néfastes des atteintes au droit international, des tentatives d’occupation de territoires étrangers et du contrôle extérieur des ressources pétrolières sur la stabilité internationale et l’ordre mondial.
L’inquiétude du Ghana s’est également portée sur les déclarations du président américain Donald Trump concernant la future direction du Venezuela et l’implication des compagnies pétrolières américaines dans l’exploitation des ressources natuirelles du pays. Ces propos ont été perçus comme évoquant l’ère coloniale et impérialiste, créant un précédent dangereux pour l’ordre mondial. Le communiqué ghanéen a clairement affirmé que de telles ambitions coloniales n’ont pas leur place dans l’ère post-Seconde Guerre mondiale.
Un consensus en Afrique condamne l’opération américaine
Cette condamnation conjointe du Tchad et du Ghana met en évidence un consensus croissant parmi les nations africaines quant à la nécessité de défendre les principes de souveraineté et de non-ingérence dans les affaires intérieures des États. Elle reflète également une méfiance persistante à l’égard des actions unilatérales des grandes puissances et de leurs implications sur la stabilité régionale et internationale.
La situation au Venezuela demeure une source de tension majeure sur la scène mondiale, et les réactions de pays comme le Tchad et le Ghana soulignent la complexité des enjeux géopolitiques en jeu. L’avenir du Venezuela et son impact sur l’ordre mondial restent incertains, mais il est clair que les principes du droit international et de la souveraineté des États sont au cœur des préoccupations internationales.