N’Djaména – L’horizon s’assombrit sur le front de l’éducation tchadienne. Lassés des promesses en suspens et des mesures restrictives, les enseignants de N’Djaména donnent de la voix. Le ton monte, l’impatience est à son comble : le spectre de la grève plane sur les salles de classe.
Le Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) tire la sonnette d’alarme. L’enjeu ? L’application intégrale du décret n°2850, un texte censé redorer le blason d’une profession en proie à la précarité. Indemnités bloquées, primes fantômes : la coupe est pleine. « Trop c’est trop ! » clame le syndicat des enseignants, exigeant la signature immédiate d’un protocole d’accord qui se fait cruellement attendre. La patience, vertu cardinale de l’enseignant, est mise à rude épreuve.
A l’origne la suspension des autorisations d’étude
Mais l’onde de choc ne s’arrête pas là. Au cœur de la contestation, une mesure jugée liberticide : la suspension des autorisations d’études est un coup de massue pour des professionnels assoiffés de savoir, privés de la possibilité de se perfectionner et de dynamiser leur enseignement. Le Syndicat des enseigants du Tchad (SET) dénonce une entrave inacceptable à l’évolution de carrière et à la qualité globale du système éducatif.
« On nous muselle, on nous bride, on nous prive de l’essentiel », s’insurge un délégué syndical, le verbe haut. « Comment peut-on prétendre bâtir un avenir solide avec des enseignants aux ailes coupées ? »
La mobilisation est en marche
Le SET appelle ses troupes à rester soudées, à faire front commun face à ce qu’il considère comme une injustice flagrante. Si les revendications restent lettre morte, des actions syndicales d’envergure sont d’ores et déjà envisagées. Le message est clair : l’heure n’est plus aux demi-mesures, ni aux atermoiements.
Dans les établissements scolaires, l’ambiance est électrique. Si les cours continuent d’être assurés, un sentiment de défiance et de frustration palpable règne. Les enseignants, véritables piliers de la nation, se sentent déconsidérés, oubliés, abandonnés. « Nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone », martèle une enseignante excédée. « Nous méritons le respect, la considération et la reconnaissance de notre travail ».
Le SET dénonce avec virulence la passivité des autorités
Face à une situation qui risque de dégénérer, le syndicat appelle à une prise de conscience collective, à un sursaut salvateur pour préserver la dignité, les droits et l’avenir de l’éducation tchadienne.
L’équation est simple : pas d’investissement dans l’éducation, pas de développement durable. Selon l’expert en système educatif tchadien qui a souhaité resté annonyme, le Tchad, pays en quête d’un avenir meilleur, doit impérativement placer l’éducation au cœur de ses priorités. L’enjeu est de taille, le temps presse. La balle est désormais dans le camp du gouvernement, conclut-il. Répondra-t-il à l’appel de la raison, ou laissera-t-il la colère gronder jusqu’à l’explosion ? Seul l’avenir nous le dira. Mais une chose est sûre : l’éducation tchadienne est à la croisée des chemins. Le prochain chapitre reste à écrire, avec l’espoir d’un dénouement positif pour toutes et tous.